Une ESN interne d'un groupement coopératif de la distribution voulait que son séminaire annuel fasse réfléchir chaque corps de métier, de l'analyse au support en passant par la paie, sur ce que l'IA change dans son poste. Pas une conférence de plus. JUWA a conçu et animé un atelier de trois heures en tables rondes par métier, préparé à partir d'un questionnaire de maturité interne, pour trois jours de prestation au total. Ce retour d'expérience détaille le format, ce qui en est sorti pour la direction, et ce qui se réplique ailleurs.
Le point de départ : sept métiers, sept rapports à l'IA
Sept familles de métiers étaient représentées : analyse et spécification, développement, test, déploiement, support, maintenance, et les fonctions transverses des ressources humaines, de l'administratif et de la finance. Ce qui inquiète un testeur n'est pas ce qui inquiète une gestionnaire de paie, et une conférence qui parle à tout le monde ne parle à personne. Deux exigences encadraient l'exercice : répondre en direct aux inquiétudes des équipes, sans langue de bois, et rester aligné avec le cadre IA défini par le groupe, souveraineté des données comprise. Le cas client décrit le déroulé complet.
La préparation : dix jours, un questionnaire, un cadrage sur site
Un atelier qui parle à chacun ne s'improvise pas. Un rendez-vous de cadrage sur site, une dizaine de jours avant le séminaire, a recueilli les attentes de la direction et validé l'organisation des tables. En parallèle, un questionnaire d'usages IA diffusé par la newsletter interne a mesuré la maturité réelle de chaque groupe : qui utilise déjà quoi, avec quelles réserves, avec quelles attentes. Sur cette base, JUWA a conçu un parcours de réflexion par table ronde, chaque métier travaillant sur ses propres cas d'usage, avec des supports adaptés au lieu : des tables de restaurant, volontairement sans projection.
Ce dernier choix a compté autant que le contenu. Sans écran, personne ne regarde une diapositive ; on se regarde, et on parle de son travail.
Résumé de la vidéo : Bpifrance Université présente un parcours d'autodiagnostic et de formation en ligne, un complément individuel utile après un atelier collectif de ce type.
Trois heures où chacun parle de son métier
Le jour du séminaire, un consultant terrain JUWA a animé la matinée : facilitation des tables, circulation entre les groupes, mise en commun. Les questions sensibles ont été traitées en direct, sans esquive : la souveraineté des données, le cadre IA fixé par le groupe, la place de l'humain dans les métiers augmentés. Des démonstrations concrètes ont ancré la discussion dans le réel plutôt que dans les promesses. Le format a fait le reste. Là où une conférence installe l'écoute passive, des groupes de pairs qui débattent de leur propre métier produisent des échanges francs. Un développeur n'ose pas dire devant toute l'entreprise ce qu'il dit à une table de six collègues qui font le même travail que lui.

Le format, jour par jour
| Moment | Ce qui se passe | Ce que ça produit |
|---|---|---|
| J-10, cadrage sur site | Attentes de la direction, organisation des tables, corps de métier représentés | Plan de salle et périmètre validés |
| J-10 à J-3, questionnaire interne | Diffusion par la newsletter : usages actuels, réserves, attentes, par service | Maturité mesurée par groupe, avant l'atelier |
| J-7 à J-1, conception | Un parcours de réflexion par corps de métier, supports adaptés à des tables sans projection | Sept parcours, un par table |
| Jour J, trois heures | Tables rondes par métier, facilitation, démonstrations, mise en commun | Cas d'usage et réserves formulés par chaque table |
| Après | Croisement questionnaire et verbatims | Photographie de maturité par équipe, remise à la direction |
Trois jours de prestation au total, pour un consultant, du cadrage à l'animation. Ce qui a coûté le plus de temps n'est pas la matinée elle-même mais la conception des sept parcours : un testeur et une gestionnaire de paie ne reçoivent pas les mêmes questions ni les mêmes démonstrations.
Chaque corps de métier est reparti avec une vision concrète de son métier augmenté : ce que l'IA peut prendre en charge, ce qui reste humain, par quoi commencer. La direction, elle, dispose d'une photographie de la maturité IA de ses équipes, croisant les réponses au questionnaire et les verbatims des tables. Les premières indiquent où agir, les seconds expliquent pourquoi. C'est le matériau qui permet de former là où c'est utile et d'outiller là où c'est mûr, selon le programme d'acculturation IA en six semaines dont cet atelier est la semaine centrale.
Ce qu'une direction peut rouvrir trois mois plus tard
Un séminaire produit de l'enthousiasme, et l'enthousiasme retombe. Ce qui subsiste, ce sont deux traces écrites : les réponses au questionnaire, qui donnent un point de départ chiffré par service, et les verbatims des tables, qui expliquent les chiffres. C'est la différence entre un atelier d'acculturation et une animation de séminaire : le second occupe un créneau, le premier alimente une décision. Le format est réplicable à chaque étape de la transformation, avec un questionnaire actualisé à chaque passage pour mesurer le chemin parcouru.
Ce besoin de mesure n'est pas propre à cette ESN. Bpifrance Le Lab relève dans son enquête auprès de 1 200 dirigeants que 57 % des PME et ETI n'ont pas de stratégie IA, et l'Insee mesure que 54 % des entreprises non utilisatrices invoquent un manque d'expertise. Un atelier qui rend une photographie par service est le premier pas d'une stratégie, précisément parce qu'il dit où l'expertise manque.
Ce que la direction avait demandé, et ce qu'elle a eu
La demande initiale tenait en une phrase : éviter la grand-messe IA. Le résultat, dans les mots de la direction générale, est que chaque table a travaillé sur son propre métier, avec des réponses directes aux questions qui fâchent, que les équipes en parlent encore et qu'elle sait maintenant où chaque groupe en est. Ce dernier point est celui qui compte pour la suite : une feuille de route d'acculturation ne se construit pas sur une impression d'ensemble, mais sur une photographie datée, service par service, que l'on peut comparer à la suivante.
Ce qui se réplique, et ce qui ne se réplique pas
La mécanique se réplique : questionnaire de maturité, cadrage sur site, parcours par corps de métier, animation en tables rondes, synthèse croisée. Trois jours de prestation suffisent pour un séminaire préparé sur mesure, quel que soit le secteur. Ce qui ne se réplique pas, c'est le contenu des tables : les cas d'usage d'un développeur ne sont pas ceux d'un technicien support ni d'une équipe RH, et un parcours copié d'une autre entreprise se voit tout de suite. La règle européenne va dans le même sens : l'article 4 du règlement sur l'IA demande une maîtrise de l'IA adaptée au rôle et au contexte de chaque personne, ce qu'un atelier par métier documente naturellement.
Ce format chez JUWA
Un consultant terrain, du cadrage à l'animation, qui conçoit le parcours par métier à partir du questionnaire, anime les tables et répond en direct aux questions qui fâchent, puis remet une synthèse de maturité par équipe. Cet atelier est le format collectif de la formation IA en entreprise de JUWA ; la formation à un outil vient ensuite, sur les cas d'usage que les tables ont formulés.









